vendredi 4 décembre 2009

Une re-vision auto-complaisante des vues de la semaine (4)

Split Second - Tony Maylan/Ian Sharp, 1992

Avec son accent néerlandais à trancher au couteau et son regard on ne peut plus psychotique, Rutger Hauer est un des acteurs qu’on aimerait voir plus souvent. Split Second, film étrangement introuvable, accompagne The Blood of Heroes, Blind Fury et The Hitcher dans ses rôles les plus importants. Collision frontale entre Predator, Rosemary’s Baby, Blade Runner et 48 Hours, Split Second se déroule dans un Londoooon futuriste (en 2008) inondé par des pluies torrentielles. L’agent Harley Stooone enquête sur un tueur en série qui a massacré son partenaire. Seulement le tueur en série n’est pas humain, mais un alliage de tout ce que le fantastique a proposé comme créatures anthropomorphes. Malgré un mélange de tropes cinématographiques qui seraient théoriquement indigestes, Split Second arrive à faire du sens car tous les éléments de ce film sont démentiels. Au bout de 20 minutes la totalité des acteurs hurlent leurs dialogues, s’agitent dans tous les coins, vident des chargeurs de mitrailleuses dans les murs et se goinfrent de chocolat… Littéralement… Datant de 1992, il s’agit très probablement du dernier film d’action valable depuis Rambo 4 dont le budget aurait suffi à régler la famine d’au moins un pays souverain.


Tesis - Alejandro Amenàbar, 1996

Une gamine et un gorehound enquêtent sur une organisation produisant des films snuff. Thriller mieux ficelé que bien d’autres conneries (Se7en ou 8mm, par exemple) qui se démarque par une utilisation absolument exceptionnelle de l’appareil cinématographique. Tesis crée un malaise par une habile mise en scène qui joue avec les limitations de la Hi-8 et de la VHS tout en abusant de notre pulsion scopique. On notera la séquence où l’héroïne, déchirée entre son dégoût moral et son attraction sexuelle pour la violence, baisse le contraste de sa télévision afin de n’écouter que la bande audio d’un film snuff. Presque rien n’est montré, la violence se manifeste par dialogues ou suggestions, et c’est bien un des rares cas où ce n’est pas par prudence commerciale mais bien par shadenfreude.


The Beyond - Lucio Fulci, 1981

Visionnement de la copie 35mm en français à la cinémathèque québécoise. Lucio Fulci en veut à nos globes oculaires, nous collant une à la suite de l’autre des « murder-set-pieces » en gros plan. Du gore démesuré où les yeux sont dévorés, mutilés, arrachés et transpercés, où aucun appui logique n’est là pour supporter cette descente se terminant littéralement dans un enfer obscur. Un des rares films à appliquer le principe du théâtre de la cruauté au cinéma. Citation de Fulci dans cette entrevue avec l’Écran Fantastique : « Non, pour moi, c’est un film artaudien absolu. J’ai personnellement connu Antonin Artaud, il m’a regardé avec ses yeux fous, il y a trente ans. Mon idée était de faire un film absolu, avec toutes les horreurs de ce monde. C’est un film sans intrigue : une maison, des hommes et des morts qui viennent de l’Au-delà. Il n’y a pas de logique à chercher dans ce film qui n’est qu’une suite d’images. »


Ben X - Nic Balthazar, 2007

Film insupportable, ne se décidant pas entre anxiogène ou exercice sirupeux, qui réussit à peine à traiter de ses (trop) nombreux sujets : le syndrome d’Asperger, les MMORPG, l’intimidation scolaire et les familles reconstituées entre autres. Un Clean, Shaven des pauvres à l’esthétique essayant désespérément d’être jeune et cool.



mardi 1 décembre 2009

Jeudi, 10 décembre 2009 || Influx LASN - Artisanat au Eastern Bloc ||


Nous récidiverons le 10 décembre 2009 à 21:00.


Dans le cadre du vernissage de l'exposition "Espèces Vulnérables 2009" au Eastern Bloc,

7240 rue Clark, Montréal.


Vernissage de 17h-23h. Performance dés 19h.


Il faut éclater cet étau.

Y a-t-il, en ce monde, quelque chose de plus retentissant qu’une détonation?

Que le sang amoureux jaillissant sur le pavé de nos centres commerciaux?


INFLUX LASN présente Artisanat


Performance multimédia par

Frédérick Maheux (Lamashtu)

Pierre-Marc Tremblay (Âmes Sanglantes)

Nadia Seraiocco


Esquisse de propagande par le fait.

En opposition au consumérisme misérabiliste, à l’irresponsabilité et à l’inconscience moderne.

Thèmes abordés : ventes-trottoirs, armes artisanales et humidité estivale.


lundi 30 novembre 2009

Jeunes filles (Court poème pour un regard froid...)


Quand tu me dis que tu te fais saigner

Pour te sentir vivante

Je pourrais te radier de mes sens

Ce dont rêvent les jeunes filles

Me laissent un goût amer.

jeudi 19 novembre 2009

Everything's Fine Friday

Fuck this world.












Malgré tout, les appelés font de meilleurs soldats que les volontaires

GI with wounded Vietcong, 1968. American GIs often showed compassion toward the Vietcong. Photo by Philip Jones Griffiths

L'avantage que les appelés ont sur les volontaires est qu'ils en ont conscience dès leur premier jour sous les drapeaux : ils sont là contre leur volonté, ou du moins contre leur souhait. La guerre est un choix foireux. C'est une nécessité qui résulte d'un échec de l'intelligence et de l'ingéniosité humaines.
- Jeff Danziger-

ARTICLE COMPLET ICI

Lorsque l'idéalisation d'un héroïsme martial, la foi aveugle en la supériorité technologique/idéologique, est le motif d'un désir de combattre, il est certain que le sentiment d'écrasement est plus grand que lorsque nous nous attendons à un foutoir. Rien n'est plus écrasant que de voir son escouade, équipé de la fine pointe en armement, se faire décimer par une bombe artisanale confectionnée par des hommes émaciés qui n'ont rien à perdre. Combattre le feu par le feu, ou plutôt le désespoir par le désespoir, est finalement ce que propose cet article...

http://www.youtube.com/watch?v=vpH5i3xD7tA


mardi 17 novembre 2009

The End


"I had a .38, Smith & Wesson, put here in me... In my head... And the man's hand shaking like this. I looked at him with the corner of me eye and I remember seeing the handle of the gun and I thought what a lovely piece of polished wood!"

The End, par Nicola Collins (2008)

Documentaire sur le monde interlope du East End de Londres. À visionner non seulement pour le sujet, mais aussi pour le traitement esthétique absolument hypnotisant. Loin des clichés mafieux, on a affaire ici à du synth-drone lourd et de la super-8 fragile qui collent parfaitement à l'aura de violence et d'animalité du propos.

En deux parties ICI.

mercredi 11 novembre 2009

Expozine 2009


Lamashtu sera en état d’ébriété présent à Expozine 2009.

Les publications et nombreuses friandises y seront disponibles.
Au plaisir de vous y voir, inconnus et ennemis...

Samedi et dimanche, 14 et 15 novembre 2009 (de midi à 18h00, entrée gratuite)

5035, rue Saint-Dominique (Église Saint-Enfant-Jésus, entre Laurier et Saint-Joseph, métro Laurier).