Re-vision auto-complaisante - Édition Fantasia 2010 (2)

7/26/2010 09:34:00 AM Posted by Lamashtu93

Deuxième et dernière partie de mes commentaires sur certains films de la programmation de Fantasia 2010. Un petit mot pour Éros-Thanatos, court-métrage de l'ami Serge de Cotret, qui sera projeté avant Wound de David Blyth (lundi 26 juillet, 22hrs, salle J.A. de Sève + mardi 27 juillet, 15h20, même salle).

Quant à la première de Théorie de la religion, Ffej, Serge de Cotret et moi-même avons certainement atteint un record personnel avec 10 walkouts et un Q&A marqué par un silence de plomb. Merci à Simon Laperrière d’avoir cru à ce film et d’avoir pris le risque de le présenter. Un deuxième remerciement également pour James Hamilton qui a poussé la bande-son à ses limites afin d’atteindre son plein potentiel cancérigène. Une de nos inquiétudes était que l’image, détruite analogiquement en VHS, soit trop décrépite pour une projection en salle. Ce fut tout le contraire, celle-ci étant tout aussi sombre que sublime. Espérons qu’il y aura d’autres présentations, dans cette cage obscure qu’est le cinéma, où il semble bien que l’expérience de Théorie de la religion peut atteindre sa force épiphanique.



The Devils - Ken Russell, 1971

Ken Russell semble être un homme charmant, plus candide que je l’aurais cru malgré sa vieillesse. Quant au film, vous n’avez pas besoin de mes commentaires, mais de le visionner.


Marwencol - Jeff Malmberg, 2010

L’univers de Marwencol est certes aussi singulier que la vie de son créateur, mais c’est sa sincérité qui est vraiment frappante. Dans un monde où l’ironie est la posture acquise, ce film est une leçon pour tous les charlatans qui gaspillent du matériel d’artiste sous le sigle du postmodernisme.

Re-Animator - Stuart Gordon, 1985

Projection d’une superbe copie 35mm de ce film qui a très bien vieilli. Un de mes meilleurs moments à Fantasia cette année.


[REC]2 - Jaume Balaguerò & Paco Plaza

Une suite surprenante, considérant que le premier m’avait laissé de glace. Cependant, c’est une expérience que j’aurais davantage vécu de manière vidéoludique plutôt que cinématographique.


A Serbian Film - Srdjan Spasojevic, 2010

Depuis plusieurs mois, ce film est partout sur le Web et est proclamé comme étant le film le plus dérangeant (« the definitive power electronic film », selon Retaliation) a gracié le cinéma depuis des lustres. Il n'en est, évidemment, rien. C'est un excellent divertissement, sans plus. A Serbian Film ne peut choquer que des gens qui ont la volonté de se plaindre, et se compose d’une série de mèmes sociaux grotesques que personne n’avait osé porter à l’écran, car puérils et un peu cons. Skullfuck, newborn porn et autres provoquent davantage de rires que de terreurs existentielles. La trame sonore arrache, du dubstep putride à souhait qui donne envie de devenir proxénète.


Suck - Rob Stefaniuk, 2009
Une brochette de cameos (Malcolm McDowell, Alice Cooper, Iggy Pop et autres) m’a convaincu de donner une chance à cette « comédie rock n roll ». Conclusion: Suck est aussi « rock n roll » qu’un pâté chinois, avec un humour qui j’espère n’est pas typique aux anglophones. Quelqu’un peut me dire qui est l’imbécile qui a composé la trame sonore? Dans quelles contrées maudites écoute-t-on encore de la musique aussi lamentable? Et du coup, pourquoi ne pas empaler à la verticale le crétin qui a jugé bon de ne pas caster un Montréalais dans un rôle de Montréalais? Si le Bloc veut la séparation, ce film suffirait pour une campagne de propagande. Rob Stefaniuk est une honte, et son déchet (n'appelons pas ça un film) triste et puant doit être oublié le plus rapidement possible.


Vampires - Vincent Lannoo, 2009

Bien que Vampires essaie très très fort de compenser le fait que Benoît Poelvoorde n'interprète pas le protagoniste, il n’en reste pas moins qu’il y a des éclairs de génie dans ce film. C’est plus crasse qu’on pourrait croire, avec des implications morbides qui sont suggérées dans chaque plan. Même Paul Ahmarani n’inspire pas de baffes! Vincent Lannoo a définitivement réalisé le meilleur remake de C'est arrivé près de chez vous que l'on puisse trouver.




The Human Centipede - Tom Six, 2009

Voir ma critique, écrit il y a un bout, ICI.

Re-vision auto-complaisante - Édition Fantasia 2010 (1)

7/14/2010 08:19:00 AM Posted by Lamashtu93

Tears for Sale - Uros Stojanovic, 2008

Le film fut introduit par un des scénaristes se plaignant que la version diffusée dans les festivals précédents fut mutilée par l’EuropaCorps de Luc Besson. Tout ce que ce dernier a produit récemment ne vaut peut-être pas 10 livres de compost, mais après le visionnement du director’s cut, on ne peut que lui donner raison. Il y a des longueurs abominables dans ce film, des séquences kitsch à en vomir qui inspirent la lecture d’un magazine de décoration intérieure. Tears for Sale est un film mémorable dans les premières 30 minutes, mais qui se gâte rapidement jusqu’à la finale qui n’en finit plus de finir. Malgré des thématiques et un récit vraiment inspirés (éléments aussi rares qu’un film sans CGI), les personnages donnent l’impression d’avoir été développé par un érotomane misogyne et une féministe de 90 ans qui militait pour la prohibition de l’alcool. Le traitement est peut-être celui d’un conte, mais il y a des limites à exagérer les caractères selon les sexes. L’irritation se mêle à l’ennui, et le tout au regret de ne rien avoir apporté à boire.

I Spit on Your Grave - Steven R. Monroe, 2010

L’original de Meir Zarchi ne m’a jamais marqué. Je l’ai vu plusieurs fois et n’en ai gardé aucun souvenir, bon ou mauvais. Cette qualité que l’on accorde aux films grindhouse des années 70-80, soit la démence inhérente au manque de moyen, n’avait selon moi pas gracié ce rape-revenge pourtant légendaire. Force est d’admettre que le remake est beaucoup mieux, si ce n’est que l’héroïne cette fois est une brunette. Tout est pas mal, et le gore arrache. Un film satisfaisant, mais oubliable.

A Holy Place - Djordje Kadijevic, 1990

Cette adaptation serbe du VIY de Gogol se distingue du film russe en délaissant la terreur de la claustration pour une horreur psychosexuelle latente. Le spectacle du conflit entre la foi religieuse et la sorcellerie est abandonné au profit d’une inquiétude ambiante, où les destins des personnages sont scellés par une malédiction jamais rationalisée. A Holy Place n'est pas seulement intéressant en tant que document exotique, mais est en soi un excellent film d'horreur qui, pour 1990, évoque une sensibilité perdue depuis longtemps.

The Life and Death of a Porno Gang - Mladen Djordjevic, 2009

Ce film dégénéré est une chute vers la crasse. Au-delà de l’outrance et du désespoir, le réalisateur Mladen Djordjevic répond avec nihilisme aux communes hippies. La libération sexuelle, avec les données contemporaines du Sida et du smack, devient un abysse infernal, prélude à l’enfer. Il y a une fureur, mais surtout une authenticité, dans Life and Dead of a Porno Gang qui excuse ses maladresses. Il s’agit d’un film sale, et cette saleté nous laisse souillés et déprimés, un résultat aussi rare qu’appréciable.

Mutant Girls Squad - Noboru Iguchi, Yoshihiro Nishimura, Tak Sakaguchi, 2010

La vague gore du cinéma nippon des dernières années a laissé des films certes bâclés et gratuits. Ils ont, cependant, le mérite d’être férocement plastiques et excessifs dans les effusions d’hémoglobines. C’est ce refus quasi total du CGI qui rend ces films essentiels à considérer. Malgré une indifférence pour le cinéma gore, il y a là une voie potentielle, nouvelle, dans la représentation de la violence et d'un érotisme de la mutation. Des films comme Meatball Machines sont non seulement chaotiques, mais urinent du sirop de maïs sur nos gueules et proposent quelque chose de véritablement organique, une qualité exceptionnelle dans le cinéma d’exploitation actuel. Avec Tokyo Gore Police, dont les références au Robocop de Verhoeven sont immanquables, on pouvait même repérer au travers du latex une certaine sincérité, une volonté de vraiment faire mal. Et bien tout ça fout le camp avec Mutant Girls Squad, une cochonnerie qui ne fait qu’aller plus loin pour aller plus loin dans le gore, et qui du coup perd tout son intérêt. Coréalisé par trois fondateurs de cette vague (dont le pornographe Noboru Iguchi), ils ont commis l’irréparable : intégrer du CGI, et du mauvais en plus. C’est long, c’est chiant, et absolument insatisfaisant. À mort.

Death Orgone #3

7/06/2010 07:19:00 AM Posted by Lamashtu93






Death Orgone #3
8 pages
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